compteur web

dimanche, janvier 08, 2006

Quand on écrit, comment se perçoit-on ?




Je veux dire que quand on transmet sur écran, sur papier une histoire, en forme de roman ou d'essai, peut importe, quelle partie de nous se transmet? Un peu de notre vécu assurément, les souvenirs, notre expérience de vie, etc. Mais la perception que l'on a de soi comment ressort-elle dans nos écrits? Certes, peu importe comment on se sent soi-même, on pourrait créer un héros sans peur et sans arme, un gagnant, un perdant, voir un psychopathe ou un génie mais quand on écrit au JE ?

Peut-on surpasser notre dégoût de soi, nos complexes, notre perception négative quand ils sont en-dedans de nous? JE demeure-t-il NOUS coûte que coûte ou peut-on le transcender? Je vais écrire 2 phrases la première pour démontrer comment l'homme le JE se sent incapable de répondre à l'amour d'un femme même si elle représente beaucoup pour lui, la deuxième met en scène le même homme qui bien que ne pouvant toujours pas répondre à cet amour ne le fait pas en se descendant ironiquement:


"Bien sûr, fidèle à mon incapacité de prendre la vie au sérieux, je ne répondis pas à sa demande, au mieux me prendrait-elle pour l'éternel ado attardé pour lequel je passais souvent aux yeux de mes fidèles auditeurs, au pire elle m'oublierait plus vite que ses premiers boutons d'acné, se demandant juste quelques instants comment elle avait pu aimer cet individu hisurte et belliqueux pour qui elle représentait pourtant la seule chance d'un peu de bonheur sur cette foutue terre mais trop idiot pour tenter sa chance."

"Bien sûr, hésitant sur ma capacité à répondre à cet amour, je demeurai silencieux. Je courrais le risque qu'elle m'oublie encore plus vite que sa première poussée d'acné mais comment ne pas être quelque peu hésitant lorsqu'elle représentait autant pour moi. Difficile de progresser vitement lorsque l'on sent que le destin frappe à notre porte pour ns apporter enfin la chance d'être pleinement heureux sur cette terre."


J'ignore si j'ai bien réussit à démarquer proprement les 2 styles, la même relation qui n'a pas aboutit selon la perspective que l'homme le JE a hésité. Mais on voit quand même dans la première phrase comment l'auteur démolit son estime de soi en écrivant son histoire. Bien que je trouve le style ironique en question plus vivant, intéressant, humoristique, etc....bref meilleur que pour celui de la deuxième phrase, il n'en reste pas moins que si on étend ce style à la grandeur du bouquin qu'il y a possibilité de créer un malaise chez le lecteur. L'homme de la première phrase projete dans l'esprit de la femme son manque d'estime personnel de lui, ça ne marche pas parce que devant son hésitation la femme ne l'as pris que comme un bouffon, incapable, etc, en rencontrera-t-il 10 qu'il s'organisera fort probablement pour que la même chose arrive pour que la situation de rejet s'ajuste au manque d'estime qu'il a toujours ressenti depuis son enfance......Le deuxième homme, lui assume l'échec de la relation, la cause en est son hésitation mais bien que triste de cette situation, tu sens qu'il ne s'y est pas démolie et que possiblement dans le reste du bouquin soit ils seront enfin réunis ou il rencontrera quelqu'un d'autre.

Forte de cette constatation, je revisite mes écrits.....hahaha.......je m'en allait sérieusement écrire mes "pauvres" écrits...pas tellement nécessaire d'aller plus loin pour constater que je peux aussi moi-même mettre cette pratique à l'oeuvre. Moi aussi, comme cet auteur que je suis en train de lire peut à l'occasion noircir mon JE, lui le fait avec cynisme, moi avec de la tristesse surtout mais bon......on le fait c'est tout. Alors la question se pose. Doit-on se guérir de ses bibittes avant d'écrire un livre ou peut-on écrire un livre pour se guérir de ses bibittes?

Les guérir? ou les prolonger, les emphaser, assurer leur continuité puisqu'elles pourraient constituer la recette gagnante? Eh oui cet auteur que je lis devient-il lié étroitement à son style cynique sur lui-même, à toujours écrire à partir de cette pauvre estime qu'il a de lui-même, et si de vieillir, ou si le succès rencontré le guérissait de ses bibittes?...son prochain roman, à coup sûr avec ce nouveau JE fort différent de l'ancien, rencontrera-til à nouveau les lecteurs du premier? Ne diront-ils pas de lui = Ah X n'écrit vraiment plus de la même façon, j'aimais bien mieux son premier livre, etc.... Moi-même avec mes poèmes?.....si je ne peux présentement en écrire que quand je me retrouve dans un certain esprit nostalgique et quelque peu triste et qu'ils savent ainsi toucher leurs lecteurs, qu'en adviendrait-il si à la longue cette fichue nostalgie en venait finalement par me quitter?

Les lecteurs s'identifient ils mieux avec nos bibittes ?

Aucun commentaire: