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lundi, janvier 16, 2006

Pour de vrai - 2ième partie

Revisiter son passé ??? Pour soit te faire pardonner de mauvaises actions passées , soit pour demander raison à tes détracteurs. Cette trame qui suit tout le long de ce réality book comme le dit Avard, avec ses vraies et fausses rencontres permet à l'auteur de revisiter son passé mais aussi sert à de nombreuses prises de conscience pour celui-ci, ne serait-ce que celle de découvrir notre relativité versus notre passé....cette croyance judéo-chrétienne de notre importance...méchante débarque quand l'auteur constate le peu d'impact qu'il a pu laisser sur ses anciens condisciples.

Depuis le début de cette trame du reality book je revisite le mien de passé pour tenter de placer la lumière sur ces personnes que j'aurais par méchanceté ou mégarde blessé et insulté et il n'y a que le vide a regarder. Certainement pas parce que j'ai eu un parcours de vie exemplaire, mais j'ai beau chercher, fouiller dans la malle des souvenirs et rien ne semble pouvoir avoir été assez marquant pour laisser un impact persistant chez ces anciennes connaissances. C'est beaucoup plus le plaisir de reprendre contact avec certains qui me tourne dans la tête, voir ce qu'ils sont devenus mais sans entrevoir pour autant la possibilité de leur avoir laissé un souvenir quelconque à eux. En étirant un peu la sauce je pourrais possiblement placer le nom de Michel Lajeunesse, ne serait-ce que pour avoir la chance de lui expliquer les motifs de ma rupture mais me faut avouer que c'est encore plus le désir de lui voir la tronche qui me ferait reprendre le chemin de Sorel.

Je me creuse sérieusement la tête pour dénicher de ces gens qui blessé par mon comportement débilitant serait demeuré avec une blessure vive...et force m'est de constater qu'aucun nom ne me vient en tête. Et ça m'amène à faire le parallèle entre cette recherche de "victimes" et un besoin de réalisation. Est-il sain de penser qu'après 10-20 voir 30 ans d'éloignement que l'on ait pu laisser de tels souvenirs blessants chez des gens? Ici on ne parle pas du premier amour dont on dit que le souvenir demeure impérissable ou encore d'une relation intime d'une quelconque durée mais d'enfantillages de cour d'école. Avoir matyrisé le weird de la classe, niaiser l'échalotte de fille pas belle de nos cours de primaire.... qui n'a pas ce genre de squelettes dans son placard mais il faut quand même relativiser le tout.

La plupart de la clientèle des psy de toutes catégories sont des gens qui sont aux prises avec des traumatismes sortis tout droit de l'enfance. Oui on peut demeurer marqué à vie par ces moqueries de nos camarades de classe ou d'anciens professeurs, mais il est à mon sens utopique de croire que des excuses provenant des responsables pourraient aider à cicatriser les plaies, si celles-ci étaient intervenues tout de suite après ok .....mais 20 ans après, non en aucun temps. Le traumatisme développe des plaies qui pour se refermer doivent provenir de la reconstruction de notre MOI et non pas par une démarche extérieure, même provenant de la source même, de celui ou celle qui a causé le traumatisme.

Avard lorsqu'il raconte chacun des épisodes qui lui a fait croiser le chemin de ces figures du passé insiste toujours dans sa descrïption des évènements sur son rôle de leader dépassé par les évènements, empiètré dans son succès auprès de ses comparses. Il ne voulait pas aller aussi loin, il n'était pas aussi méchant que ça, il n'a pas vraiment montré aucune photo.....mais la légende a vécu et s'est propagé et c'est ce qui me fait voir dans cette trame de retour vers le passé qu'il revisite non pas les personnes blessées mais bien sa propre légende...Puisque sa vie d'auteur lui laisse des insatisfactions, le fameux syndrome Bourgignon, que sa vie familiale le montre comme un triste pépère incapable de réparer le toit de sa maison et qu'il n'aime pas cette image de lui....replongeons dans le passé où la légende existait et se perpétuait et chez qui le mieux voir l'impact de cette légende? mais chez les victimes bien sûr....

Encore un fois, on ne peut tirer le réel du faux, existe-t-il dans le livre le vrai Avard? Ces portions de vies, cette légende est-elle réelle dans le passé de l'auteur ou est-ce ainsi qu'il aime se percevoir aujourd'hui? Mais si on s'en tient à ce qu'il y a entre les 2 pages couvertures, que le texte qui ns est raconté , force est tenu d'admettre qu'en fait en focalisant ainsi sur les "victimes" Avard détourne l'attention, soit de la nôtre, soit la sienne aussi, mais le fond concerne surtout sa propre histoire de légende. Il a besoin d'y croire....d'ailleurs si on regarde l'épisode avec Mme Rioux, ce professeur des premiers fantasmes, épisode où il tenait le rôle passif d'être conduit par l'érotisme que la dame dégageait et par le dépassement de ses propres hormones, on voit très bien où il voulait en venir dans la première fausse rencontre où le professeur ne peut résister cette fois à la légende de l'actuel Avard,......reprendre le contrôle, il lui fallait réécrire l'histoire pour se voir noir sur blanc, au moins sur papier comme sa propre légende. En fait ce qui serait super intéressant serait d'avoir un compte-rendu de la part des fameux comparses de l'époque, a t-il laissé chez eux un impact récurrent de cette légende? Leur a-t-il servit de modèle, sa grandeur en folie, en gestes héroïquement fantasques en a t-il fait des adultes plus fonceurs et moins serviles de la vie?

Il est comme beaucoup d'entre nous à la recherche de sa légende personnelle mais à tenter de se voir au-travers les yeux des autres, il en oublie de fouiller en lui. Cela est rassurant de croire que ns ne sommes pas heureux par la faute des autres. Ces personnages pourraient possiblement personnifier les peurs d'Avard, peurs dont il tente de retrouver la source dans son enfance. Il se sert des mots pour rallier la vérité à son propre avantage. Il recherche dans ces traumatismes imaginaires laissé chez les autres la preuve de sa propre existence. À défaut de compter pour la société actuelle....a-t-il au moins eu un impact certain dans la vie de quelques personnes même si celui-ci est négatif.....

Lorsqu'il dit que les gens qui l'aiment sont ennuyeux dans la continuité de lui prêter plus de talent qu'il croit détenir, on peut entrevoir deux possibilités, soit il croit que ces personnes sont subjugés par le ou les personnages qu'il joue et qui seraient donc mystifié par la boucane ainsi dégagé.....ou soit lui-même est peu ou pas intéressé de se découvrir un tel talent, accepter d'avoir ce talent devenant l'obligation de s'en servir, d'aller au bout de ses possibilités... nier son existence nous laissant le loisir de patauger dans le connu de nos propore limites car qui dit vouloir les dépasser dit aussi devoir affronter ses propres peurs....autrement dit se savoir un X talent, oui c'est plaisant, on peut s'en servir toute notre vie sans le développer comme tel mais juste comme un attrait de notre personnalité pour recevoir l'acceptation de la part des autres et un niveau stable de reconnaissance. Pousser et developper ce talent, c'est risquer l'échec.....

C'est aussi ça le syndrôme Bourguignon......la peur de nos échecs, la réussiste des autres étant là pour la narguer cette peur. Mais qui sait si Avard n'ira pas mal plus loin que Bourgignon, il en a certes le talent et tous les outils disponibles en main....si on regarde son parcours, tout ce qu'il touche...il n'y a bien que lui à douter de son talent..

à suivre encore..........

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