THE DREAM......

Longtemps, longtemps j'ai eu l'impression de vivre la vie de quelqu'un d'autre
De partir vers la droite ou la gauche pour faire plaisir aux rêves d'un enfant,
De me taire et d'obéir à celle que j'étais
Pour me faire pardonner de devenir celle que je suis.
Elle me regardait aller dans la vie de tous les jrs
Et jugeait mes gestes comme autant de trahisons,
Elle était le témoin muet de mes faiblesses
Et la gardienne implacable de mes illusions...
Petite, dans sa maison de poupée
Il y avait une maman, un papa, plusieurs enfants, un chaton agora et un gros chien qui les protégeait des méchants.
Ils vivaient heureux heureux et le papa et la maman s'aimaient beaucoup.
Ça devait être comme ça quand elle serait grande
Il le fallait absolument...
Et j'acceptais ainsi de payer d'avance par cette enfance merdique,
Le bonheur du forever, pour toujours que je vivrais un jour.
Nous aurions une petite maison au fond des bois
Et le papa et la maman, main dans la main
Regarderaient chaque jour pousser leurs enfants,
Petite famille modèle comme il ne s'en fait plus.
Pas un mot plus haut que l'autre, chacun ne pensant qu'à faire plaisir
Tous pour un et un pour tous sans jamais un seul détour ni une seule faiblesse.
Aucun sacrifice n'était à dédaigner pour continuer de vivre cette vie de rêve
Rêve que faisait cette petite, seule dans son lit et qui seul réussissait à sécher ses larmes.
Et elle se disait chaque fois........un jour...
Au début le papa était si gentil
Il aurait tout donné pour rendre la maman heureuse
Et sur ce beau tapis d'azur de belles intentions
Grandissait de petits enfants, fidèles images du bonheur parfait.
Eux, ils auraient l'enfance dorée tant rêvée et espérée.
Et la maman prenait un soin jaloux de ce petit monde
Pour les protéger, les garder bien à l'abri.
Elle luttait bec et ongles, à chaque jour
Pour éloigner de la petite maison dans les bois
Les gros nuages sombres qui finissent parfois par passer
Quand on vit sa vie au lieu de la vivre à rêver.
Et chacun de ces nuages venait renforcer dans le coeur de la maman
La peur incertaine de n'être pas à la hauteur des rêves de la petite fille.
Ils semaient dans sa tête des doutes affreux
Mais à chaque fois, elle remontait du fond des abîmes THE DREAM.
Elle réussissait à changer la forme du ciel
Pour continuer à le faire ressembler à celui
Que faisait la petite lorsqu'elle regardait le monde de sa fenêtre givrée...
Oui la maman ressentait d'affreux doutes
Elle se demandait si vraiment c'était dans cette direction
Vers laquelle elle devait absolument continuer à se retourner
Sentant chaque jour des lézardes plus profondes les unes que les autres
Traverser le mur pourtant si solide de ses chimères.
Sachant bien au fond de moi que l'on ne peut ainsi forcer le bonheur
À entrer toujours de force par la porte d'en arrière.
Combien de nuits je n'ai pu dormir
Sentant quelquefois le château de glace sur le point de s'effondrer
Vivement je remettais mon histoire à laquelle je ne voulais pas de fin
Sur le métier à tisser les rêves des petits filles au coeur brisé
Pour que vaille que vaille l'illusion continue de se dérouler.
Et même si le papa depuis longtemps ne respirait plus le même air
Je lui sacrifiais tout pour qu'il continue à être celui que je rêvais pour mes enfants.
Je devenais ainsi une marionnette
Dont un enfant venue du passé
Continuait à manipuler les ficelles.
Je me taisais de plus en plus
Puisque cela l'aurait attristé que je parle
Je devenais couleur de muraille
Puisque mes couleurs risquaient de faire disparaître les siennes
Je devenais véhémente à régner sur ce petit monde
Pour les obliger à jouer la game des ils vécurent z'heureux.
J'étais la gardienne de la prison dans laquelle j'étais prisonnière
Tout à la fois juge et parti
Tout à la fois bourreau et victime.
Mes nuits se nourrissaient de peurs d'imaginer
Que mes jours même occupés à chaque seconde
Finissent par me couper l'air entre chaque respiration.
Je surveillais chacun de leurs gestes
Mettant des triples verrous à chaque porte.
Je devais veiller au grain chaque jour
Tentant de solidifier ce château de sable
Qui commençait à prendre l'eau de partout.
Il n'y avait que la nuit qui me permettait de faire autre chose que d'exister,
Osant à la faible lueur des chandelles rêver de d'autres choses
Que de vains châteaux en Espagne.
Mais qu'ils étaient donc égoïstes et méchants
De vouloir rejeter de façon si méprisante
Ce beau rêve que je leur avait érigé.
Ne comprenant pas encore que pour fuir l'enfer de leurs propres prisons
Ils devaient fouler aux pieds les chaînes qui entouraient la mienne.
Nous avons joué longtemps au ma prison est plus belle que la tienne
Et tu y reviendras toujours par impossibilité de trouver mieux.
Et puis, petit à petit, de cinq minutes à 1 heure
D'une journée à 1 semaine
L'angoisse a finit par me manger tout cru.
De fantôme dans mon chez moi, je suis devenue zombie dans les ailleurs,
Sentant que je perdrais la raison si je leur donnais raison.
Ben voyons c'est impossible de laisser aller un aussi beau rêve
Que chacun retourne à sa place, guidé par les souhaits d'une petite fille, bon ! 
Finalement, parce que chaque histoire a une fin.
Je suis retournée voir la petite fille que j'étais
Pour lui demander encore une fois si c'était vraiment ce qu'elle voulait,
Croyait-ellle toujours que les histoires d'amour
Doivent se vivre comme on les a rêvé?
Qu'ils se doivent d'être à la hauteur du malheur vécu pour le compenser?
Ne valait-il pas mieux dans le fond recommencer à neuf,
Quitter ces habits faits par une autre et pour une autre
Et repartir, nue mais en n'ayant plus de peurs pour ns donner froid?
Je suis quelques temps demeurée auprès d'elle
Pour lui laisser le temps de la réflection,
Qu'elle finisse enfin de me pleurer
Pour me permettre de réellement exister.
Et je suis partie mon chemin...
Oh! il ne sera peut-être pas meublé de grand chose
Et j'ignore jusqu'où il me mènera.
Il reviendra peut-être à cette source à laquelle
Je me suis longtemps abreuvée à plus soif
Peut-être...peut-être que mon destin finalement
N'a pas à devoir me quitter pour pouvoir choisir les autres,
Il est possiblement un pays où les gens vivent sans prison.
Je me pardonne celle dont j'avais tissé les murs si hauts,
Peut-être que je faisais du mal en croyant leur faire du bien?
Je ne sais pas..je l'ignore et ne le saurai jamais.
Je voulais surtout bien faire, surtout dans ces moments
Où la nuit je me demandais tant quoi faire.
Et je comprends maintenant à la lueur du jour
Que j'ai le droit comme tous d'être heureuse.
Ni au dépriment de personne, ni même grâce à personne.
Que si je place devant le soleil quelqu'un qui va me le cacher
Qu'il ne faut pas m'étonner de finir par avoir froid.
Car si les autres peuvent ns fournir de quoi réchauffer le coeur,
L'essence même de la vie est en nous-mêmes, en chacun de nous.
Aussi simple que cela, comme la plus simple des équations
Mais que l'on passe malheureusement des parties de vie à tenter de résoudre,
Comme si on devait être Einstein pour comprendre comment rêver les yeux ouverts...
Tube...avec une touche de Miss Tube...

4 commentaires:
Ton texte est très beau, très touchant Tube, comme toujours...:)
Je me sens un peu comme une intruse après l'avoir lu, car il y a un petit quelque chose de très intimiste dans son ensemble. Tu as le don d'émouvoir de part ton écriture, mais ça je crois te l'avoir déjà dit, n'est-ce pas ?
Comment vas-tu ? De mon côté, j'ai parfois l'impression que tout va trop vite... J'aimerais parfois arrêter le fil du temps, juste pour prendre le temps d'apprécier chaque petits moments,tous ces instants du quotidien que je ne vois pratiquement pas... Juste pour te donner un exemple, présentement je suis en train de planifier un voyage à vélo en Irlande pour cet été, et tout ce que je vois c'est le stress associé aux préparatifs, à l'entrainement qui n'est pas encore suffisant, etc. Au lieu de tout cela, je devrais m'arrêter un peu et vivre le moment présent, apprécier cette étape du voyage, au lieu de m'inquiéter pour le futur... Prendre une journée à la fois quoi ! J'ai la facheuse manie de tout prendre en bloc. Au moins j'en suis consciente, c'est déjà ça ! :)
Je crois que c'est un peu comme ça pour bien des gens... Je ne pense pas être une exception dans cet aspect de la vie. :)
Je vais prendre le temps de venir ici plus souvent, car je me rends compte que ce sont des instants où j'ai l'impression d'avoir plein contrôle du temps, où je suis capable de m'arrêter et d'apprécier le moment...
Bonne journée Tube !
Au plaisir d'avoir de tes nouvelles,
Calli
Ah Calli!!!...que je suis contente de savoir que tu vas bien, même si un certain stress semble t'habiter malgré toi. Rarement j'écris ici sans avoir une pensée pour nos discussions passées et me demander ce que tu deviens. :)
L'Irlande......chanceuse. Prends une caméra avec toi, il n'y a pas plus beaux paysages qu'en ce pays de mes ancêtres. :) et tache d'en profiter au lieu de penser aux tracas du voyage....d'ailleurs qui prononce voyage ne devrait pas y associer aucune sombre pensée...pensez-y la Gaspésie va verdir de jalousie devant les panoramas sur mer que tu vas voir bientôt!!!!
Et pour la gêne...rappelles-toi que pour être intimiste mes écrits n'en sont pas moins inspirés par mon entourage, peu souvent je n'y parle que de mes propres souvenirs..le côté vampire de la peine d'autrui existe toujours...même qu'il devient gênant pour moi-même de le laisser s,exprimer..je censure de plus en plus......reviens me donner de tes nouvelles...beau cadeau ce mâtin de te lire :) :)
Moi aussi je pense souvent à nos discussions passées, et à vrai dire, lorsque je viens Ici je prends conscience que ces discussions me manquent :)
Bref, c'est plus que certain que je vais revenir te donner de mes nouvelles plus régulièrement. De plus, je compte t'envoyer via courriel quelques photos de l'Irlande à mon retour ! :) Je vais suivre ton conseil, et tenter de mettre un frein au stress, et vivre pleinement les préparatifs et le voyage en soi ! Merci pour tes belles paroles Tube !
A+
Calli
Bien hâte pour les photos !!!
et tes visites....: take care
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