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mercredi, décembre 12, 2007

Sous la table......




Ouvrir le coffre aux trésors
Ceux que sont devenus certains souvenirs,
Comme une porte ouverte sur une brise
Venue du fin fond du passé...

J'n'ai pas la chance d'avoir un véritable coffre
Du genre à avoir conservé les premiers dessins
Comme les vieilles photos ou les bouquets de fleurs séchées,
J'n'ai que ma tête et mon coeur comme coffre aux souvenirs...

Mais souvent, au détour d'une conversation ou d'une rêverie
Certains trucs resurgissent comme si je plaçais le doigt dessus,
En ce temps des Fêtes qui se propage à l'horizon
Ce sont les Noëls chez Papie qui reviennent à la surface....

C'est fou de se rappeler un si grand nombre de gens
Que par ton optique de ti-cul que tu avais à l'époque,
Dans mon souvenir l'arbre de Noël mesurait plus 10 pieds
Et je me souviens des gens par leurs pieds sous la table...

C'est un univers qui disparaît, les dessous de table, quand tu grandis
Tu ne vois pas un adulte sous les tables et pourtant
Si les dessous de tables pouvaient parler
Ils en auraient long à raconter sur les adultes qu'ils étaient...

Les jolies p'tits pieds des tantines qui en profitaient
Pour soulager quelques instants leurs pieds des escarpins sournois,
Les pieds géants de l'oncle qui même aux soupers officiels
Portaient toujours ses grosses bottes pour le champs,
Ah...ce joli pied à pantoufles appartenait à mamie
Qui passé l'âge de la coquetterie surfaite,
Voyait surtout à assurer son confort avec
Ces jolies pantoufles qu'elle tricotaient avant l'arrivée funeste du phentex,
Fins souliers noirs finement cirés......ceux de mon père
Bien à plat par terre, bien droits et bien rigides,
J'allais jamais vers ce côté de la table
Une tape bien balancée est si vite arrivée,
Et leur imitation, en plus petit, juste à côté
Ceux de mon frère..aussi rigides que les plus grands
Lui, qui même petit jouait au grand,
Les p'tits pieds de maman qui bougeaient tout le temps
Comme si elle jouait perpétuellement du piano.
C'est fou de se rappeler après si longtemps
D'une forêt de pieds sous un table,
Mais dans mon univers de ti-cul
C'était bien souvent la seule partie d'eux
À laquelle j'avais droit sans devoir montrer patte douce....
Plus tard, moi et ma soeur, assises chaque côté de papa
Avons joints nos pieds sous cette table d'agapes
Mais je garde moins souvenir de ces grands qui assis tout le tour de la table
Se souciaient peu de nous,
Leurs visages m'apparaissent plus facilement
En me souvenant de leurs pieds....va donc y comprendre de quoi...

L'arbre de Noël qui mesurait plus de 10 pieds
Mon beau sapin....roi des forêts....
J'ai fait le mien chez moi il y a quelques temps.
Et quand Chloé l'a vu, elle est demeurée là immobile,
Toute sérieuse et rêveuse, elle n'a même pas cherchée à toucher,
Elle est demeurée là, plantée devant, sans même gazouiller,
Elle regardait son premier arbre de Noël de plus de 10 pieds
Comme peuvent ns apparaître les arbres quand on est haut comme 3 pommes.
Je sais bien qu'à un an et demie, elle est encore trop jeune
Pour se fabriquer des souvenirs durables,
Mais le simple fait de voir cette magie dans ses yeux
M'a fait remonter le temps vers Mon sapin de plus de 10 pieds....
J'ignore pourquoi l'arbre de Noël chez mon grand-père
A produit une impression aussi forte dans mon imaginaire
J'y rêve même assez souvent plusieurs fois dans l'année,
Les gens demeurent plus ou moins flous, mais le sapin, lui,
Demeure très clair dans mon esprit,
Grand, immense, avec le village de petites maisons en cartons
Comme le voulait l'époque, vestige des années d'avant-guerre,
Que mon grand-père avait eu du sien,
De longs glaçons argentés, tout droits, déposés un à un, patiemment
Des anges, des oiseaux exotiques, de belles boules authentiquement kitchs,
Patiemment, d'année en année, j'ai collectionné ces décorations antiques,
C'n'est pas juste par soucis d'authenticité
Ou disons-le clairement, par kétainerie,
Mais par un désir obscur de retourner aux sources.
Il me plaît de penser, en regardant mon sapin
Qu'une, parmi ces décorations vieillottes,
Provient directement, par un hasard de la vie, de celui de Papie.
J'ignore ce qui est arrivé aux possessions de mes grands-parents
Je n'ai pas vécu une vie familiale assez longue
Pour voir se transmettre ces objets d'une génération à l'autre,
Qui sait, ils ont peut-être finit leur vie de décorations
Dans la plus proche décharge municipale
Ou encore vendues dans une vente de charité paroissiale
Ils ont finis par aboutir pour quelques uns
Chez les brocanteurs chez qui je me suis approvisionnée,
Mais bref, il me plaît à penser qu'un de ces précieux objets ancestraux
Vit une continuité dans mon propre sapin
Même s'ils étaient fabriqués par dizaines de milliers d'exemplaires....

C'est ma façon de vivre la magie de Noël,
C'est ce qui fait que malgré les années qui passent
Je vois toujours mon sapin avec mes yeux de ti-cul,
Douce nostalgie de rires d'enfants cachés sous la grand table...

C'est ce que je souhaite voir passer dans les yeux de Chloé plus tard
Lorsqu'elle regardera mon sapin habillé de vieux,
Je souhaite que ses hasards de vie lui permettent de conserver avec elle
Quelques uns de ces vieux colifichets décoratifs
Lorsque grande, elle se rappellera ses première rêveries
Devant son propre sapin de plus de 10 pieds...


Mamie Tube....

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